
1) Vers une nation résolument équilibrée
Depuis sa fondation (30 mai 1998 à YATE) la FCCI a poursuivi son action politique qui a consisté à ce que prennent vie les Accords de NOUMEA et que convergent vers une même conscience nationale, l'identité kanak et l'identité calédonienne

La FCCI ne croit pas que l'on puisse parler de "construction d'un destin commun" en dehors de la perspective d'émancipation du pays vers sa souveraineté. La FCCI qui rejette cette vision dichotomique de la société entre d'un côté le FLNKS agréé par l'Etat comme représentant légitime du peuple kanak et de l'autre le RPCR comme représentant unique des non-kanaks, se veut être la fédération de femmes et d'hommes dans une société de citoyens égaux mais pas uniformisés.
La FCCI s'engage vers une nation résolument équilibrée, une nouvelle nation qui concerne l'ensemble des citoyens calédoniens.
2) Des signes de cette marche vers l'autodétermination du pays
Il y a des réalités que les tenants de la Calédonie française interprètent à leur manière, mais auxquelles nous donnons un sens différent. En voici quelques exemples que nous vous proposons :
a) Le transfert des compétences qui est inscrit dans un calendrier qui nous amène à partir de 2014 au référendum d'autodétermination. C'est un processus d'émancipation qui prépare l'indépendance.
b) Le corps électoral gelé : on s'en souvient ... Malgré l'intervention de nos députés et sénateurs pro-français, a fait l'objet d'une modification de la Constitution française.
c) La "citoyenneté calédonienne", cette spécificité calédonienne par rapport aux Pays du Pacifique. Elle reconnaît aux non-kanaks le droit d'être citoyens de ce pays sous la condition d'être résidents depuis au moins dix ans. Cette "citoyenneté calédonienne" inscrite dans la loi organique (Articles 4,188,189) est un acquis des Accords de Matignon qui sont une reconnaissance des non-kanaks à participer au scrutin d'autodétermination du pays au même titre que le peuple premier.
d) L'inscription de la Nouvelle-Calédonie sur la liste des pays à décoloniser. La France qui s'est toujours opposée à cette inscription ne peut plus l'ignorer aujourd'hui et a déclaré à l'ONU après la signature des Accords de Matignon qu'elle prenait en charge cette décolonisation (un peu spéciale)
e) Déclaration de l'ONU sur les droits des peuples indigènes, les peuples premiers.
3) Les réticences et les peurs
Notre propos ici, n'est pas de refaire l'histoire, mais il nous faut bien reconnaître que la colonisation a laissé de très graves séquelles dans les esprits et des cicatrices encore mal fermées.
La négation du processus d'émancipation inscrit dans les Accords de NOUMEA n'est que la manifestation de la peur d'être abandonné par la France ... Que deviendrons-nous si la France part avec ses gendarmes et sa police ?
C'est inconsciemment le réflexe colonial de la supériorité de la race blanche sur les autres qui fait qu'il y a cloisonnement entre les ethnies repliées sur elles-mêmes. Le réflexe colonial qui régit cette vieille économie de comptoir au service de gros intérêts, mais pas au service de populations.
4) Notre richesse
Notre richesse, ce n'est pas notre nickel, notre lagon, notre belle nature unique en son genre ... C'est la rencontre de différents peuples sur un même Territoire. C'est une réalité physique, historique et politique.
Quel type de société voulons-nous mettre en place ?
"Le terme "Kanak(es)" ne désigne pas une ethnie ni une race. (...) une société kanake signifie la construction d'un peuple multiracial solidaire et fraternel. Cela ne veut pas dire que la future société sera entièrement mélanésienne. Le droit à différence sera respecté mais nous ferons en sorte que cela n'entraîne pas de rapport de domination d'une ethnie sur l'autre (Pierre Declercq, 1979)
La tâche qui nous incombe consiste à passer d'une société pluriculturelle (celle ou chacun vit sa culture dans son monde qui lui est propre) à une société multiculturelle, celle où chacun s'approprie toutes les cultures en présence sans pour cela renier la sienne
Ce n'est pas une tâche insurmontable et nous ne partons pas d'un plancher zéro. Déjà cette société est en marche dans la rencontre des femmes et des hommes :
- Dans le secteur du travail (entreprises, travailleurs, syndicats, administration, etc...)
- Dans le secteur de l'école et de la formation
- Dans la prise de conscience de plus en plus de son statut de métisse accepté.
- Etc.
5) Notre patrimoine
Notre société multiculturelle vit dans un pays au patrimoine dont elle est solidaire.
- Son sous-sol
- Son sol
- Sa mer
Sont à exploiter et à protéger en pensant qu'après nous ce n'est pas le déluge. Nous sommes les usufruitiers d'un patrimoine qui appartient aux générations futures.
6) Notre objectif
Notre objectif c'est la construction d'une communauté de destin qui soit une réalité concrète et non pas un slogan mélangé à toutes sortes de sauces. C'est le sens profond du destin commun.
Liée à cette construction d'une communauté de destin, la mise en place d'une économie de développement durable. Le pays se doit de constater ses richesses qui doivent servir à sa population et non aux multinationales ou aux intérêts privés.
7) La période 2009-2014
Aujourd'hui, le système économique et social calédonien est basé sur celui de la métropole.
Demain il faudra redessiner ce système en intégrant l'environnement géographique et monétaire de la Nouvelle-Calédonie
Demain, il faudra élaborer une Constitution du Pays qui garantisse les Droits de l'Homme, la juste exploitation des richesses, et favorise un développement équilibré de notre société.
Demain, il faudra s'assurer que chacun trouve sa place dans cette nouvelle nation...
8) Quelques pistes concrètes
Elles seront présentées dans le programme des élections du 10 Mai 2009