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23 janvier 2006 : Lettre de François BURCK, Président
de la FCCI
L’USINE DU NORD = LE CLAIR
OBSCUR
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On
imagine mal le Conseil d’Administration de la SMSP renoncer à la construction
de l’Usine du Nord. Et tout le monde a salué cette décision d’un Conseil
d’Administration se portant garant de la construction de cette unité appelée au
développement non seulement de la Province, mais de tout le pays.
Autre
fait important, la décision du Tribunal de Grande Instance de Paris qui déboute
ERAMET avec sa demande de mise sous séquestre du massif du KONIAMBO.
Puis
le massif minier du KONIAMBO est dévolu à
ÄMAIS LE FLOU PERSISTE
A
part la décision du Conseil d’Administration de la SMSP, tout le monde attend
des précisions qui ne viennent pas … C’est le silence et l’expectative !
-
Rien
sur l’OPA INCO et ce qu’elle va modifier dans la décision de FALCONBRIDGE.
-
On
attend en vain les garanties claires et nettes de FALCONBRIDGE sur la
construction de l’Usine du Nord
ÄL’attente de ERAMET
L’industriel
français, ERAMET, observe attentivement et reste dans l’expectative pour
comprendre plus clairement la situation. Cette expectative est partagée par
beaucoup de calédoniens qui ne comprennent pas.
Mais
nous sommes en 2005-2006 et non plus sous De Gaulle - Pompidou. Le gouvernement
français qui n’avait pas permis l’implantation des canadiens il y a quarante
ans n’a plus la même position aujourd’hui après les Accords de MATIGNON et
surtout ceux de NOUMEA.
Pour
bien comprendre le lien très fort entre la SMSP et FALCONBRIDGE, il nous faut
revenir en arrière en 1996.
ÄUN MARIAGE VIEUX DE DIX ANS
En
avril 1996, le FLNKS est à Paris pour la réunion du Comité de Suivi, Alain
JUPPE étant Premier Ministre du Gouvernement Français et Jacques de Peretti,
ministre de l’Outre-Mer.
La
délégation du FLNKS a décidé de rompre les négociations avec le Gouvernement
Français qui ne propose qu’une « autonomie » comme alternative.
C’est
alors qu’apparaît un élément nouveau : André DANG et Raphaël PIDJOT
viennent faire part d’une nouvelle importante.
L’objectif
à long terme de la SMSP, soutenue par le Président de la Province Nord, est la
transformation dans le pays du minerai de nickel. Le rééquilibrage passe, qu’on
le veuille ou non, par l’installation dans le Nord (en Province Nord)
d’une « unité structurante ». Cette unité structurante ne peut être
qu’une usine de transformation du Nickel qui amènera un développement des
autres secteurs économiques. Ceci est capital non seulement pour le Nord, mais
pour tout le pays.
Les
missionnaires de la SMSP nous font part de plusieurs démarches auprès du
gouvernement français qui leur a promis son soutien s’ils trouvaient un
partenaire pour l’implantation d’une usine de transformation du nickel dans
Après
le divorce SMSP – PAMCO et la moue de la SLN, la SMSP a poursuivi sa mission.
Et aujourd’hui (Avril 1996), c’est chose faite puisque la société canadienne
FALCONBRIDGE est prête à s’associer à la SMSP pour implanter une usine de
transformation du nickel dans la Province Nord. Et déjà apparaît le 51% et le
49% : la SMSP avec 51% serait propriétaire de l’usine et des réserves
minières, tandis que FALCONBRIDGE avec 49% apporterait sa technicité. Pour
pouvoir s’implanter en Nouvelle-Calédonie, FALCONBRIDGE a besoin de réserves
minières.
Nos
missionnaires arrivent à convaincre le FLNKS de revendiquer le domaine
minier : il est décidé de revendiquer le massif de TIEBAGHI que détient la
SLN. Ces revendications doivent être menées à terme pour permettre à
FALCONBRIDGE de s’installer en Nouvelle-Calédonie, pour y implanter une usine
de transformation du nickel.
C’est
la stratégie officielle du FLNKS qui va se charger de mettre sa politique du
« Préalable Minier » en 1996 et 1997.
ÄSTRATEGIE CACHEE
Le
FLNKS adopte cette stratégie qu’il va mettre en place en 1996-1997 et que l’on
appellera « Le Préalable Minier ».
Mais
à l’époque ce qui n’est pas dit au FLNKS, c’est l’accord secret qui lie
FALCONBRIDGE et la SMSP : FALCONBRIDGE est prêt à mettre au pot la somme
de quarante milliards ( 40 000 000 000 ) de francs CFP. De leur
côté, les missionnaires de la SMSP s’engagent à négocier avec le gouvernement
français pour qu’il cède son capital d’ERAMET à
Raphaël
PIDJOT annonce à François BURCK, encore Président de l’Union Calédonienne, que
la SMSP a la capacité de racheter la SLN. Puis il ajoute que cette stratégie
fera accélérer le processus de l’indépendance…
Il
n’est pas dans mon propos de dire mon désaccord avec cette analyse et d’en
donner les raisons qui m’ont conduit à être exclu de l’Union Calédonienne. Mais
je me permet d’affirmer non pas l’accord secret, mais la complicité entre
FALCONBRIDGE et
FALCONBRIDGE
suit attentivement toutes les péripéties à la fois de la négociation et de
l’action du FLNKS dans ce que l’on a appelé la période du « Préalable
Minier ».
Ici,
il faut affirmer que la négociation dans le sens de la session des parts de
l’Etat Français dans ERAMET à la SMSP avait bien avancé sous Juppé - De
Peretti.
C’est
la dissolution de l’Assemblée Nationale par Jacques Chirac en 1997 qui va
renverser la situation. Les socialistes avec Lionel Jospin prennent les
commandes du gouvernement français.
ÄLES ACCORDS DE BERCY
Ce que nous
appelons les « Accords de Bercy », c’est la résultante d’une longue négociation
menée par une éminence grise bien connue en Nouvelle-Calédonie.
1) C’est d’abord une
restructuration de la société ERAMET
2) L’entrée des trois provinces
dans le capital de la SLN et ERAMET
3) L’échange des massifs du
KONIAMBO et de Poum entre la SLN et
On s’aperçoit déjà
que l’idée du rachat de la SLN par SMSP n’est plus à l’ordre du jour.
Ensuite, l’échange
des massifs de Poum et KONIAMBO constituera une avancée importante dans la
revendication du patrimoine minier par le FLNKS et
Il est difficile
d’entrer ici dans les détails techniques qui concernent cet échange des
massifs. Mais la société qui s’est engagée, c’est la SMSP et non pas
FALCONBRIDGE qui reste l’alliée de la SMSP et qui n’a passé aucun contrat avec
le gouvernement français.
Aussi
ceux qui attendaient ou qui attendent encore des engagements précis et
programmés de FALCONBRIDGE sont déçus.
La
réalisation de l’Usine du Nord incombe à la SMSP qui aura toujours l’appui de
FALCONBRIDGE qui a suivi les évènements en Nouvele-Calédonie depuis dix ans.
Tout
ce que nous souhaitons, c’est qu’elle soit un outil de développement pour tous
et non pas un engraissement de quelques uns par une multinationale lorsque le
gouvernement de la France n’aura plus barre sur la Nouvelle-Calédonie devenue
indépendante.
François BURCK